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Inauguration de la ‘’Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals‘’ : Alhaji Aliko relève le défi énergétique de l’Afrique

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Quelques jours avant la fin de quitter le pouvoir, le Président Muhamadou Bahari a inauguré la nouvelle raffinerie du Nigéria, un des plus grands investissements réalisés par l’homme d’affaire Aliko Dangoté. D’un coût global de 19 milliards de dollars, ce joyau, la 6ème au monde, mais aussi la plus grande raffinerie de pétrole à « train unique » permettra l’exportation du pétrole vers l’extérieur. L’ancien Ministre et Ancien Secrétaire Général de l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO), Mahaman Laouan Gaya a analysé l’apport et les contours de ce projet.

I A la découverte de la ‘’Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals‘’ :

 La ‘’Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals‘’ – ‘’DPRP‘’ (inaugurée le lundi 22 Mai 2023) est située sur un terrain de 2635 hectares dans la zone franche de Ibeju-Lekki, dans l’État de Lagos au Nigéria (80 km à l’est de la ville de Lagos, le site fait sept (7) fois la taille de Victoria Island : le quartier d’affaires de Lagos). En 2005, Alhaji Aliko Dangote pensait construire une raffinerie de 300.000 barils/jour (b/j), mais à cette époque, il n’avait pas la capacité financière nécessaire pour réaliser ce projet. Puis, en 2010, avec l’amélioration de sa trésorerie, il affirmait avoir remboursé toutes les dettes du Groupe qui s’élevaient à 2 milliards dollars US, et mieux commencé à accumuler des liquidités. Alors, disait-il, ‘’nous avons revu nos plans et relevé sa capacité de production d’abord à 400.000, et finalement opter pour le schéma actuel de 650.000 b/j‘’. Elle devait initialement être construite dans l’État d’Ondo, mais en raison de manque de volonté politique de la part du gouvernement d’alors de cet État, Aliko Dangote a déplacé le projet sur le site actuel. Je rappelle que les travaux de construction de cette raffinerie ne sont pas encore terminés ; le Président Muhammadu Buhari devant quitter le pouvoir ce 29 Mai 2023, a souhaité lui-même inaugurer en grande pompe ce méga-projet, ‘’afin que cela soit mis à son crédit‘’, tel que rapporté par Taiwo Oyedele, analyste chez PwC à Lagos. Selon le rapport de la ‘’Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulation Authority (NMDPRA) – Autorité Nigériane de Régulation des secteurs Amont et Intermédiaire Pétroliers‘’, la raffinerie de Dangote doit au préalable passer le test obligatoire d’acceptation technique (TAT) avant de démarrer ses activités. Étant donné que cette procédure prend techniquement, beaucoup de temps, l’exploitation de cette raffinerie ne pourrait pleinement commencer qu’en 2024 ; mais Aliko Dangote assurait dans son discours inaugural que les produits de la nouvelle raffinerie seraient sur le marché ‘’d’ici à fin juillet-début août 2023‘’. Pendant que les techniciens de pétrole de Dangote Group avancent que la raffinerie sera opérationnelle en 2024 (ils estiment qu’il faut au moins un an pour que l’usine soit suffisamment rodée), des équipes du Fonds Monétaire International (de quoi se mêlent-ils ?) envisagent plutôt ‘’une trajectoire de production progressive : de 100.000 b/j en 2024, 200.000 b/j en 2025, passant à 300.000 b/j en 2026-2027‘’…loin des 650.000 b/j évoqués à l’envie tout au long de la cérémonie d’inauguration.

II – Capacité de la raffinerie :

 Une fois entièrement opérationnelle, ce qui en fera la plus grande en Afrique, la 6ème au monde, mais aussi la plus grande raffinerie de pétrole à « train unique » au monde (cela veut dire que l’usine dispose d’un système unique intégré de distillation (atmosphérique et sous-vide) de pétrole brut) qui peut produire une variété de produits pétroliers secondaires et des produits de synthèse pétrochimique, au lieu d’avoir différentes unités pour chaque type de produit). Aussi, c’est l’une des rares entreprises au monde à disposer directement d’une usine de raffinage de pétrole brut couplée à un complexe pétrochimique dans le cadre d’un contrat EPC (Engineering, Procurement & Construction – Ingénierie, Approvisionnement & Construction). En 2019, lors de sa construction, la plus grande colonne de distillation de pétrole brut au monde, pesant 2350 tonnes, y a été installée par une société néerlandaise spécialisée. Avec une hauteur de 112 mètres, elle est légèrement plus haute que la fusée Saturn V qui a amené le premier homme sur la lune (110,6 m) et 16 mètres de plus que Big Ben. Il a aussi été installé la même année, le régénérateur de raffinerie le plus lourd, qui est aussi la pièce unique la plus lourde de structure en acier (3000 tonnes) au monde. Ce régénérateur faisant partie de l’unité de craquage catalytique, est destiné au craquage des fractions lourdes du pétrole et leur transformation en composants moléculaires plus légers comme l’essence, le kérosène, le jet, etc. Une colonne de stabilisation de produits raffinés de type Penex mesurant 50 mètres de haut, un diamètre de 8 mètres et pesant 520 tonnes y a été également installée. À l’échelle mondiale, à l’exception de trois (3) sociétés, aucun propriétaire individuel n’a réalisé un contrat EPC complet pour une raffinerie de pétrole. La raffinerie Dangote aura un ‘’indice de complexité Nelson‘’ de 10,5. Notons que ‘’l’indice de complexité Nelson‘’ qui varie de 1 à 20, est un cadre de référence utilisé pour attribuer des valeurs aux raffineries de pétrole en fonction de leur niveau de complexité. Plus l’indice est élevé, plus la raffinerie est polyvalente et flexible et dispose davantage d’équipements sophistiqués. La ‘’DPRP‘’ sera alors plus complexe que beaucoup de raffineries aux États-Unis (moyenne de 9,5) ou en Europe (moyenne de 6,5) ; la plus grande raffinerie du monde, celle de Jamnagar en Inde, totalise 14 points. Notons que la raffinerie Dangote est 32,5 fois plus grande que la SORAZ de Zinder (qui je rappelle a une capacité de 20.000 b/j) et plus de trois (3) fois la production pétrolière du Ghana. En 2013, à la phase de démarrage du projet, le coût de la raffinerie a été estimé à 9 milliards dollars US (réévalués plusieurs fois) et les travaux n’ont véritablement commencé qu’en 2016. Aujourd’hui, on estime à près de 20 milliards dollars US le coût total des investissements et que 50% de ces investissements l’ont été sur fonds propres du Groupe Dangote et les autres 50% sur emprunts bancaires ; 70% des emprunts bancaires sont à ce jour remboursés. L’usine produira quotidiennement (n’en déplaise aux Institutions de Bretton-Woods), 53 millions de litres d’essence, 34 millions de litres de diesel, 2 millions de litres de Jet A1-aviation, du bitume et des produits de la synthèse pétrochimique (tous conformes aux spécifications Euro V). Elle a, en annexe une usine pétrochimique de production de polypropylène (900.000 tonnes) et une usine de fabrication d’engrais. Cette unité de fabrication d’engrais disposera de deux (2) lignes de production, chacune produisant chaque jour 2200 tonnes d’ammoniac et 4000 tonnes d’urée granulée. La ‘’DPRP‘’ est calibrée pour transformer 100% de la qualité de pétrole brut nigérian et est aussi conçue pour traiter une grande variété de pétroles bruts, d’Afrique, du Moyen-Orient et le pétrole léger (West Texas Intermediate – WTI) des États-Unis. Pour son fonctionnement, elle va disposer d’une centrale électrique de 435 MW ; à elle seule, cette centrale pourra répondre aux besoins énergétiques totaux d’Ibadan DisCo de 860.316 MWh couvrant cinq (5) États, dont Oyo, Ogun, Osun, Kwara et Ekiti. Rappelons (pour avoir une idée) que la puissance électrique totale installée de l’ensemble de la République du Niger est en 2021 de 412,55 MW et celle de la Côte d’Ivoire de 2200 MW. Les raffineries de pétrole nécessitant beaucoup d’eau (pour alimenter les systèmes de refroidissement, le dispositif de lutte contre les incendies…), il a été prévu 177 réservoirs d’une capacité de 4,742 milliards de litres. Elle sera approvisionnée en pétrole brut par la plus grande infrastructure d’oléoducs sous-marins du monde (1100 km de long).

III – Une logistique des plus complexes

En matière de logistique, beaucoup ne sauront peut-être jamais ce que Aliko Dangote a dû endurer pour faire aboutir ce projet. En effet, sa mise en œuvre a été confrontée à des défis sérieux et gigantesques. Sa construction a exigé du matériel qui pesait environ 3000 tonnes, alors que la capacité des ports du Nigéria (y compris Lagos-Apapa) est comprise entre 200 et 250 tonnes. Pour ce faire, il a fallu procéder à l’aménagement d’un nouveau port pour amener directement les cargaisons surdimensionnées à proximité du site, mais aussi faciliter l’approvisionnement en pétrole brut et l’exportation des produits issus de la raffinerie. Il a aussi été construit deux (2) quais avec une capacité d’accueil de navires de type Panamax (80.000 tonnes) pour l’exportation d’engrais et de produits pétrochimiques et deux (2) autres quais pour la manutention de cargaisons liquides. Le port disposera au total de six (6) quais, dont un (1) quai Roll-on/Roll-off (Roll on/Roll off, en abrégé Ro/Ro, est une expression anglaise utilisée en logistique et qu’on peut traduire par « roule pour entrer/roule pour sortir ». Elle désigne le trafic roulier, c’est à dire le transport de poids lourds ou de remorques par des bateaux spéciaux appelés « rouliers »). Pour le transport terrestre du matériel et équipements du port jusqu’au site de la raffinerie, il a fallu des travaux de construction de routes spéciales. Notons que la plus grande grue au Nigéria a une puissance de 650 tonnes, alors qu’il fallait une grue de 5000 tonnes pour les besoins de soulèvement de certains équipements. Pire encore, il n’y avait alors que deux (2) grues de ce type d’une capacité de 5000 tonnes dans le monde, et qui étaient toutes en service ; alors, au lieu de louer une pour 300.000 dollars US (165 millions FCFA) par jour, Aliko Dangote a préféré carrément en acheter. A cela s’ajoutent l’achat de 332 grues pour renforcer la puissance d’installation des équipements. À l’intérieur de l’usine même, il a été construit environ 126 km de routes bitumées et 54.000 colonnes anti-tempête pour la protection. Pour ce qui est des ressources humaines, Alhaji Aliko Dangote a mis en formation neuf cent (900) jeunes ingénieurs en technologie de raffinage de pétrole à l’extérieur du pays, six (6) ingénieurs en mécanique formés à l’Université GE en Italie, cinquante (50) ingénieurs en process formés par Honeywell/UOP et cinquante (50) cadres en management. Lorsqu’elle sera pleinement opérationnelle, elle fournira 135.000 emplois permanents. Sur place, il y a plus de 200 bâtiments construits pouvant accueillir environ 50.000 employés et leurs familles afin de les mettre dans les conditions nécessaires de travail ; chose rare dans les industries minières et énergétiques.


IV – Les défis énergétiques du Nigéria et de ses voisins liés à la mise en service de la ‘’DPRP‘ :’

Lorsque la raffinerie sera pleinement opérationnelle, il est prévu que le Nigeria n’importera plus aucun produit pétrolier et aussi de permettre au gouvernement nigérian de lever une bonne fois pour toutes les très couteuses (et inutiles) subventions aux importations de l’essence. Au fil des années, ces subventions ont fait naître et entretenu, un important lobby des tradeurs-spéculateurs d’essence qui a délibérément œuvré à la faillite des quatre (4) raffineries publiques gérées par la NNPC (1 à Kaduna, 2 à Port Harcourt, et 1 à Wari). Lors de la cérémonie d’inauguration de la DPRP, le Directeur Général de la ‘’Nigeria National Petroleum Corporation‘’ (NNPC), Mr Mele Kyari disait d’ailleurs qu’il est très, très difficile pour l’Etat de continuer à payer 400 milliards de nairas (quelques 800 millions d’euros) de subvention chaque mois (soit 6340 milliards FCFA par an ou encore 17,5 milliards FCFA de subvention par jour !). Tous les grands candidats aux dernières élections présidentielles avaient, durant la campagne, promis qu’une fois élu, ils suspendraient les subventions aux importations de l’essence. Comme il fallait s’y attendre, dans son discours d’investiture le lundi 29 Mai 2023, le nouveau Président Ahmed Tinubu annonçait la suppression totale de cette subvention (un couteau à double tranchant), qui il faut le rappeler est un système qui nourrit la corruption et assèche les caisses publiques. Dès le 30 Mai 2023, la décision fut officiellement confirmée et elle prendra effet le 1er Juillet 2023. Le carburant devrait alors passer du prix officiel à la pompe de 185 nairas (245 FCFA) à 550 nairas (727 FCFA), plus cher qu’au Niger où il est à 540 FCFA (408 nairas). Mais dès l’annonce de cette mesure, les prix ont tout de suite flambé au point d’atteindre le plafond de 700 nairas (925 FCFA) le litre à Abuja. Si cette tendance perdure, il est fort à craindre que l’essence en vente dans les pays limitrophes va frauduleusement se retrouver sur les marchés noirs au Nigeria, et l’occasion est toute trouvée par certains gouvernements pour justifier une augmentation artificielle (totalement irréaliste) du prix du litre d’essence dans leur pays (et peut-être même le KWh d’électricité, si l’on pousse encore l’inhumanité ?!). Cela pourrait bien intervenir avec les prochaines lois des finances. Les voisins producteurs de pétrole (Niger, Tchad, Cameroun), avec les insignifiantes productions de leurs raffineries risqueraient de se trouver en situation de ‘’panne sèche‘’. Pour combien de temps ? ? Toutefois, il ne fait aucun doute que la subvention du carburant a un impact très négatif sur les finances de l’Etat fédéral nigérian et qu’il aurait été fiscalement irresponsable de la conserver indéfiniment. Cette levée de subvention crée déjà un immense mécontentement chez les consommateurs, même si par ailleurs, elle permettra d’arrêter définitivement la corruption et la spéculation sur les produits pétroliers et les finances fédérales de gagner annuellement 10,33 milliards de dollars US (l’équivalent de 6340 milliards FCFA par an). A pleine capacité de ses 650.000 b/j, la ‘’DPRP‘’ couvrirait largement la demande totale du Nigeria en produits raffinés (450.000 b/j), et comme il est aussi question de réhabilitation des quatre (4) raffineries nationales en souffrance (capacités cumulées de 445.000 b/j), en sus des autres raffineries modulaires privées (de très petites capacités) du pays (la Walter Smith refinery, la OPAC refinery, la Niger Delta Petroleum refinery et la Edo Petroleum refinery), la production totale du pays en produits raffinés plus que doublera la consommation nationale. Avec une telle situation de ‘’surproduction‘’, les analystes pensent, il est même déjà question dans certains milieux, d’un possible réajustement à la baisse des prix à la pompe ; dans tous les cas, le gouvernement y a tout intérêt à le faire pour ramener les nigérians à la pompe et ainsi résorber les productions de toutes les raffineries du pays. Aliko Dangote songe pour sa part à faire des produits de sa raffinerie, ce qu’il fait aujourd’hui avec les produits de ses cimenteries : ‘’inonder‘’ les pays voisins ; et cela ne serait possible qu’avec des prix des produits raffinés très compétitifs. En effet, le lundi 22 Mai 2023 à la tribune de la cérémonie d’inauguration de la raffinerie, Aliko Dangote a promis de ‘’reproduire ce que [le groupe Dangote] a déjà réalisé sur le marché du ciment et des engrais, en faisant passer le Nigeria d’importateur à exportateur net‘’. Pour l’homme le plus riche d’Afrique, c’est une question de détermination et d’obstination, imprégnée d’un courage qui porte aujourd’hui ses fruits. Dans l’hypothèse d’une baisse des prix à la pompe ; en interne ça réduirait significativement la fraude et surtout compromettrait les milliers de raffineries artisanales clandestines qui écument les régions productrices de pétrole du delta du Niger et dans la sous-région (la mise en œuvre de la ZLECAf aidant), les raffineries des pays voisins (la SORAZ au Niger, la SNR de Djermaya au Tchad, la SONARA au Cameroun, la SIR en Côte d’Ivoire) pourraient être confrontées à de sérieux problèmes de mévente (pour le moment, l’on n’est pas encore là !). La société nationale NNPC sera actionnaire à hauteur de 20% de la ‘’Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals‘’ et lui fournira 300.000 barils de pétrole brut par jour. Cette question a aussi été soulevée par des experts de l’industrie pétrolière du Nigéria et la ‘’Crude Oil Refineries Owner’s Association of Nigeria (CORAN) – Association des Propriétaires de Raffineries de Pétrole du Nigéria‘’ qui, tout en saluant cette décision de la NNPC, ont fait part de leurs inquiétudes à l’effet que la société nationale semble avoir fait une certaine discrimination au détriment des autres raffineries du pays. En effet, ces dernières, rencontrent d’énormes difficultés d’approvisionnement en pétrole brut de la part de la NNPC, ce qui met durement à l’épreuve leur résilience et entrave leur capacité à se développer. L’Etat fédéral doit corriger cette erreur, en prenant des dispositions idoines pour éradiquer les vols de pétrole brut, qui ont été estimés pour l’année 2022 à peu près à 450.000 b/j ; ce qui correspond aux productions du Congo et du Gabon réunies. La mise en exploitation de la raffinerie Dangote, va rééquilibrer le bilan énergétique du Nigeria, accroîtra considérablement la plus-value (recettes fiscales, revenus directs, etc…) de l’Etat, avec très certainement la récupération des énormes pertes que subit l’Etat fédéral de près à 450.000 barils de pétrole brut.

V – Alhaji Aliko Dangote relève le défi de l’indépendance et de la pauvreté énergétique en Afrique

Aujourd’hui, force est de constater qu’en Afrique, il y a des enjeux globaux qui demandent une réponse globale, une synergie d’action, une mutualisation des efforts pour plus d’efficacité dans la gouvernance de nos ressources naturelles énergétiques (indispensables pour une indépendance énergétique de nos pays et pour la lutte contre la précarité et la pauvreté énergétiques dans laquelle végètent nos populations) et pour ce faire il faut absolument la participation de tous (gouvernements, partenaires internationaux, secteur privé africain,.. En effet, il est déplorable de constater que les pays d’Afrique restent encore très tributaires des exportations de leurs ressources énergétiques, tant en termes de devises que de recettes. L’Afrique détient au moins 13% des réserves pétrolières mondiales, principalement concentrées en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest. La consommation africaine en produits pétroliers est relativement faible ; elle s’établie à 4 millions b/j, soit 4,1% de la consommation mondiale. Avec la mise en exploitation de la raffinerie Dangote, ce taux va considérablement s’améliorer (en y ajoutant les 650.000 b/j de la ‘’DPRP‘’ et en tenant aussi compte du gain issu de la récupération probable des 450.000 barils perdus quotidiennement par la NNPC du fait de divers vols de son pétrole brut). Aussi, la mise en exploitation de la raffinerie Dangote va bien entendu permettre de diminuer (et épargner) les dépenses faites pour l’importation des produits pétroliers par certains Etats africains (bénéficiaires directs des retombées de la raffinerie Dangote). Je rappelle que le gouvernement fédéral du Nigéria va ainsi économiser annuellement 9,6 milliards d’euros (plus de 17 milliards FCFA par jour) de plus-value du fait de l’installation sur le sol national d’une raffinerie de pétrole de telle capacité. Pour sa part, la Banque Centrale du Nigéria (BCN) estime à près de 10 milliards de dollars US (5500 milliards FCFA), la contribution annuelle directe de la ‘’DPRP‘’ à l’économie nationale. Au niveau du continent, le pétrole constitue la seconde ressource d’énergie la plus consommée après la biomasse, avec une part de 28% dans le bilan énergétique, et l’essentiel des produits pétroliers consommés en Afrique nous viennent des raffineries d’Europe (pays non producteurs de pétrole) et du Moyen-Orient. Paradoxalement, les infrastructures de raffinage du continent (quelques 50 raffineries de pétrole, sont obsolètes pour l’essentiel et certaines en arrêt) ont des capacités très limitées et fonctionnent avec des coûts élevés vu qu’elles sont relativement anciennes (35 ans d’âge en moyenne). Malgré ses énormes gisements énergétiques (énergies fossiles et énergies renouvelables), et avec une population qui avoisine le milliard d’habitants, la consommation d’énergie primaire per capita de l’Afrique reste la plus faible du monde avec 0,63 tep (tonne équivalent pétrole) contre 1,76 tep au niveau mondial (4,31 tep pour l’Europe de l’Ouest, 8,46 tep pour l’Amérique du Nord). Si l’on exclut l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud, ce taux de consommation d’énergie primaire tombe entre 0,2 et 0,4 tep pour le reste de l’Afrique, c’est-à-dire l’Afrique Subsaharienne. La consommation annuelle de pétrole du citoyen africain moyen équivaut à un tiers (1/3) de la consommation individuelle moyenne mondiale et à un vingtième (1/20ème) de la consommation d’un américain moyen. Pire, le bilan énergétique de certains pays africains fait ressortir un taux de consommation de la biomasse (déchets agricoles et forestiers et le bois) de plus de 60% ; le reste étant constitué d’énergies dites modernes (produits pétroliers et électricité). L’Afrique, va-t-elle continuer à être pourvoyeuse des ressources énergétiques à d’autres pays du monde et ses citoyens continuer à vivre dans la plus désastreuse des précarité et pauvreté énergétiques ? Que font les Etats et les institutions régionales et sous-régionales sur la gouvernance du secteur énergétique? C’est justement le lieu de mentionner et saluer ici, la contribution éminemment importante d’un digne fils de l’Afrique, Alhaji Aliko Dangote qui a décidé de relever le défi dans la recherche de l’indépendance énergétique du continent et au-delà la lutte contre la pauvreté et la précarité énergétiques des populations africaines (avec une énergie moderne, propre, à un prix abordable qui contribuera à l’amélioration du revenu et du bien-être des populations). La raffinerie Dangote mettra à la disposition des consommateurs de toutes catégories sociales, des produits pétroliers énergétiques pour le transport, l’habitat, les services, des engrais pour l’agriculture, etc… En effet, l’accès à une offre d’énergie de qualité, à meilleur coût et en meilleure quantité, permet d’améliorer substantiellement les conditions de vie des populations car elle favorise l’amélioration de la productivité agricole, l’amélioration des services d’éducation, de santé, d’accès à l’eau, des activités commerciales génératrices de revenus, de communication, etc…. De nos jours, rien ne fonctionne sans énergie moderne et financièrement abordable …..et c’est ce défi que se démêle à relever Alhaji Aliko Dangote au grand bénéfice des africains. Aujourd’hui, Alhaji Aliko Dangote, qui fait l’honneur de l’Afrique, est célébré dans le monde entier comme l’homme (et non une société ou un Etat) qui a construit la plus grande raffinerie de pétrole (à « train unique ») du monde et qui est basée en Afrique …précisément en République Fédérale du Nigeria.

Par Ing. Mahaman Laouan Gaya, Ingénieur Pétrochimiste, Ancien Ministre de la République du Niger, Ancien Secrétaire Général de l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO)

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Approche communautaire participative intégrée : la stratégie de l’ONG Garkua au Niger

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Depuis 2016, l’ONG Garkua accompagne les communautés nigériennes dans un développement durable et inclusif. Face aux défis humanitaires, économiques et sociaux, l’organisation mise sur une approche intégrée combinant aide d’urgence, projets de développement et renforcement de la cohésion sociale. Sani Mourtalla, son secrétaire permanent, nous partage les stratégies et défis de cette mission essentielle au Niger.

Originaire de Zinder, Sani Mourtalla est ingénieur agronome de formation. Cela fait près de 20 ans qu’il travaille dans le secteur des ONG nationales et internationales au Niger. Depuis 2018, il est secrétaire permanent de l’ONG Garkua.

Présentez-nous l’ONG Garkua. Sur quelles problématiques travaillez-vous?

L’association nigérienne pour un développement durable (ou Garkua qui veut dire “protection” en langue nationale) est une ONG de droit nigérien créée en 2016 par des acteurs de développement du Niger. L’objectif est d’appuyer les communautés à faire face aux différents défis qui se présentent.

Nous travaillons dans 3 secteurs :

  • Humanitaire, à travers des réponses aux catastrophes naturelles (inondations, sécheresses, etc.) et aux crises alimentaires.
  • Développement, en appuyant les communautés à améliorer leur production agricole et l’élevage afin de réduire la pauvreté, en fournissant des services sociaux de base à travers la réalisation d’infrastructures scolaires, de santé, hydrauliques et bien d’autres types d’infrastructures.
  • Renforcement de la cohésion sociale, à travers des programmes de stabilisation mis en œuvre dans les régions fragiles du Niger, notamment Agadez, Diffa et Tillabéry.

Quels sont les facteurs de réussite pour pouvoir travailler sur ces trois secteurs : humanitaire, paix et développement ? Est-ce un exercice complexe ? Comment vous y prenez-vous pour établir un continuum entre ces trois dimensions ?

Les zones dans lesquelles nous intervenons au Niger font continuellement face à ces trois défis, donc travailler sur un seul secteur ne permet pas de répondre aux besoins des communautés et ne permet pas d’avoir les résultats escomptés. Cela nous pousse à embrasser les différents secteurs – humanitaire, développement et paix – pour avoir de l’impact.

Les besoins humanitaires sont des besoins ponctuels se présentant à des périodes définies de l’année. Dans notre réponse à ces besoins, nous jetons les bases des actions de développement. Par exemple, en cas de crise alimentaire ou d’inondations, nous menons des actions de « cash for work » pour restaurer des terres dégradées. Les communautés reçoivent ainsi de l’argent pour répondre à leurs besoins immédiats (nourriture, santé, ressources pour financer la scolarité de leurs enfants) et en même temps, nous réhabilitons l’écosystème et les terres dégradées qui seront mises en valeur par ces communautés pour produire plus les prochaines années.

Nous veillons aussi à ce qu’il y ait une bonne inclusion dans toutes nos activités, que personne ne soit laissé pour compte. Cette approche permet de réduire les inégalités au niveau communautaire, car celles-ci sont en grande partie sources de conflits.

Dans la construction de ponts entre humanitaire, développement et paix, êtes-vous suffisamment soutenu par les bailleurs de fonds?

Beaucoup de partenaires nous soutiennent dans ce sens. Nous recevons des financements multisectoriels, dans lesquels nous avons des actions d’urgence, de développement et de renforcement de la cohésion sociale.

D’autre part, nous ne sommes pas seuls au niveau des communautés avec lesquelles nous travaillons : nous cherchons à créer des connexions avec les acteurs humanitaires et de développement pour apporter une réponse appropriée.

Quelles sont, selon vous, les bonnes pratiques qui méritent d’être répliquées pour des interventions dans les zones fragiles au service des besoins des populations?

Les approches communautaires participatives intégrées sont, pour nous, une bonne pratique. Nous avons développé cette approche qui responsabilise les communautés locales et les autorités locales pour prendre en charge leur propre développement. Cette approche participative communautaire intégrée a été développée avec plusieurs partenaires, dont le BMZ et l’UNICEF. Elle donne le pouvoir aux communautés.

Chaque village où nous intervenons dispose d’un plan d’action villageois et d’un comité villageois qui assure sa mise en œuvre et le suivi de la planification. Au niveau de la commune, nous avons ce que nous appelons la « plateforme communale d’engagement communautaire » qui est une émanation des comités villageois qui se réunissent au niveau communal. Cette structuration permet d’autonomiser les communautés dans la mise en œuvre des actions de développement au niveau communautaire, même si la zone est difficile d’accès pour les partenaires (ONG, acteurs de l’État, etc.). Une grande partie des activités du plan communautaire réalisé au niveau des villages peuvent être mises en œuvre par la communauté elle-même, sans avoir besoin de financement extérieur. C’est ce que nous faisons dans les zones fragiles pour assurer la continuité des actions de développement. D’autre part, dans les zones où nous n’avons pas développé cette approche, nous avons les relais communautaires qui sont des animateurs endogènes au niveau des villages, qui peuvent continuer à mettre en œuvre les activités même si l’accès est difficile pour les ONG.

À quels défis êtes-vous confronté pour accompagner les communautés dans leurs perspectives d’une vie meilleure?

Le premier défi, ce sont les ressources limitées. Le Niger est très vaste, il y a 265 communes avec des dizaines de milliers de villages. Les besoins sont énormes et les financements sont de plus en plus rares. 

Le second défi, c’est l’accès. Depuis un certain temps, l’accès à certaines communautés, à certaines zones fragiles est difficile. Bien que nous ayons mis en place des stratégies permettant aux communautés de continuer à assurer les activités de développement, ce défi persiste.

Le troisième défi, c’est en termes de capacité des communautés à pouvoir s’approprier les stratégies que nous sommes en train de développer. Avec un taux de scolarisation très faible au niveau rural, il y a des villages dans lesquels pratiquement personne ne sait écrire. Cela complique l’assimilation de ce qui est en train d’être mis en place pour le développement dans certaines communautés.

Pourriez-vous nous en dire plus sur la coordination entre les différents acteurs du développement et de l’humanitaire dans les zones fragiles. Comment faites-vous pour avancer ensemble de manière efficace?

Beaucoup reste à faire pour une meilleure coordination entre les partenaires. Nous participons à plusieurs cadres de concertation, notamment via les clusters thématiques coordonnés par OCHA.

Au niveau régional et communal, il existe des cadres de concertation pour réunir les partenaires qui interviennent dans une même région ou commune.

Là où nous intervenons avec l’ONG Garkua, nous appuyons les communes à rendre ce cadre de concertation fonctionnel. En effet, nous sommes convaincus que le niveau le plus pertinent pour la coordination, c’est le niveau communal. Des réunions périodiques sont organisées avec tous les acteurs, autour des autorités communales, pour partager les planifications.

Nous sommes même en train de faire en sorte qu’il y ait des planifications conjointes au niveau communal. Tous les partenaires intervenant dans une commune se retrouvent en début d’année pour faire une planification conjointe, permettant d’assurer la cohérence en termes de nexus humanitaire, développement et paix. Cela permet également d’éviter la duplication d’activités ou d’avoir des besoins non couverts.

Quelles recommandations feriez-vous pour que la société civile et les ONG s’impliquent davantage dans la mise en œuvre de l’approche territoriale intégrée portée par l’Alliance Sahel?

L’approche territoriale intégrée est une approche très louable. Ma première recommandation, c’est de créer un comité de pilotage pour faire en sorte que tous les acteurs de la décentralisation soient impliqués dans ce processus. Il s’agirait de créer un cadre où tous les acteurs de la décentralisation se trouvent autour de la stratégie de l’approche territoriale intégrée. 

La seconde chose, c’est d’impliquer davantage la société civile puisqu’elle est au plus proche des communautés. Au sein de l’ONG Garkua, nous collaborons avec les organisations de la société civile pour qu’elles puissent sensibiliser les communautés et les autorités locales à l’approche territoriale intégrée. L’objectif est de leur permettre de mieux comprendre cette approche, de saisir les enjeux et de s’impliquer activement dans sa mise en œuvre.

La troisième recommandation, c’est l’alignement puisque, dans le cadre de l’approche communautaire participative intégrée que nous mettons en œuvre, tous les villages dans lesquels nous intervenons ont un plan d’action qui sert de base à l’élaboration des plans de développement communaux. Il faudrait que tous les acteurs qui interviennent sur le terrain s’alignent sur les plans de développement communal et villageois.

Est-ce que vous pourriez nous en dire un peu plus au niveau de la collaboration avec la Facilité Sahel? Quelles sont les activités mises en place avec leur soutien? Est-ce que leur appui vous amène à mettre en œuvre une approche un peu différente?

L’ONG Garkua est bénéficiaire d’un financement de 6 millions d’euros de la Facilité Sahel pour la mise en place d’un projet que nous appelons : « Projet d’appui à la stabilité socio-économique et à la paix », dans 4 communes de la région de Tillabéry.

Ce projet touche 3 thématiques essentielles : 

  • La promotion de services sociaux de base: réalisation d’infrastructures hydrauliques, de santé et éducatives ;
  • La promotion des moyens d’existence: amélioration de la production agricole, des pratiques d’élevage, restauration des écosystèmes ;
  • La promotion de la paix et de la cohésion sociale à travers le renforcement des liens entre les communautés et des activités de socialisation au niveau des communautés.

Ce projet est essentiellement basé sur l’approche communautaire participative intégrée. Nous travaillons sur la planification communautaire, qui est une déclinaison de la planification communale. Tout ce que nous allons réaliser doit émaner de celle-ci. Ce projet est en droite ligne avec l’approche territoriale intégrée de l’Alliance Sahel, qui veut que la commune et les communautés soient responsabilisés pour les actions qui les concernent.

Personnellement, qu’est-ce qui vous motive et vous donne espoir dans votre travail avec les communautés au Niger?

Ce qui me motive, c’est que les communautés ont des capacités extraordinaires. Cela me donne envie de poursuivre le travail avec elles, pour aboutir à des résultats extraordinaires. La grosse erreur que les acteurs de développement font, c’est de considérer que les communautés sont des bénéficiaires. Nous considérons les communautés comme des partenaires et nous sommes en train d’engranger des résultats extraordinaires en nous basant sur les capacités locales.

La deuxième chose qui me motive, c’est la jeunesse. Plus de 70% de la population rencontrée dans les villages sont des jeunes. Nous devons développer la capacité de cette jeunesse pour qu’elle puisse être l’avenir de notre pays. Si on la laisse dans la situation où elle est, elle peut constituer un problème à long terme pour le pays. Cela me motive à poursuivre le travail au sein des communautés pour renforcer les capacités de ces jeunes, leur offrir des opportunités de formation ou d’emploi afin qu’ils puissent devenir des acteurs de développement, mais aussi pour qu’ils puissent participer à la gouvernance locale de leur communauté.

Source: Alliance Sahel (https://www.alliance-sahel.org/actualites/approche-communautaire-participative-integree-strategie-ong-garkua-niger/?

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Société

Rupture collective de jeûne à l’ONAHA : Union, convivialité et partage entre le Directeur Général et les agents

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Le jeudi 20 mars 2025, l’ensemble du personnel de l’office national des aménagements hydro agricole (ONAHA), s’est retrouvé autour du Directeur général le Lieutenant-Colonel Bilaly Elhadj Gambobo pour une rupture collective de jeûne à l’occasion de ce mois béni de ramadan. Organisée pour la première fois à l’ONAHA, cette retrouvaille désormais inscrite dans la tradition de cette institution vise à rapprocher davantage les agents de leur administration.

Dans la communion des cœurs, la convivialité et le partage connus des fidèles musulmans, les agents de l’office national des aménagements hydro agricole (ONAHA) ont rompu dans la joie et la symbiose avec le premier responsable de cette institution. Conformément aux préceptes de l’islam, l’initiative de l’administration générale sous la conduite du Directeur Général le Lieutenant-Colonel Bilaly Elhadj Gambobo consiste à profiter de ce temps important pour passer des moments d’échanges, d’affection, de partage et de cohésion entre l’ensemble des agents.

Comme le veut la tradition musulmane, après la rupture de jeûne, le Directeur Général le Lieutenant-Colonel Bilaly Elhadj Gambobo et les agents se sont retrouvés à la mosquée pour la prière du Maghreb. Occasion aussi de prier pour le pays afin que Dieu, le tout puissant protège notre pays et ses dirigeants et qu’il descente sa clémence et la prospérité au Niger.

Un moment également pour l’administration d’encourager les agents pour les efforts déployés au quotidien pour la bonne marche du travail. A leur tour, les agents de l’ONAHA ont remercié le Directeur Général le Lieutenant-Colonel Bilaly Elhadj Gambobo pour sa vision et sa façon de conduire l’institution. « Depuis sa nomination à la tête de l’ONAHA, il ne cesse de nous surprendre à travers des initiatives qui visent à rassembler les agents ensemble. Cela nous donne beaucoup plus de motivation et d’engagement pour le travail » a indiqué un délégué du personnel. Ce dernier a aussi précisé : « Aujourd’hui, cette rupture collective s’ajoute déjà aux autres initiatives où les agents se retrouvent autour des activités sportives, ils organisent de séance de salubrité pour rendre les lieux de travail propre ».

Depuis sa nomination à la tête de l’ONAHA, le Lieutenant-Colonel Bilaly Elhadj Gambobo montre chaque fois qu’il mérite la confiance placée en lui par les plus hautes autorités de notre pays. Il conduit bien sa mission de faire de l’ONAHA un outil pour accompagner l’Etat vers un objectif de 80% de l’autosuffisance alimentaire, d’ici 2027.

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